La Chaire Mode et Technologie signée en 2014 réunissait, le 28 mars dernier, à l'occasion de son renouvellement pour 3 nouvelles années : Daniel Harari, Directeur général de Lectra / Cindy Lebriez, Bouton Noir / Pascal Morand, Fédération Française de la Couture, du Prêt-à-porter des Couturiers et des Créateurs de mode / Moundir Rachidi, The Boston Consulting Group et Youssef Senhadji, Decathlon, pour évoquer les enjeux et défis de la 4ème révolution industrielle.

 

 

Daniel Harari a rappelé combien il se réjouit de cette collaboration qui a appris à Lectra à explorer autrement les sujets de l'innovation, de la technologie et de la mode : "La France est le pays de la mode, et Lectra le #1 mondial de la technologie pour la mode. La somme des deux fait de la Chaire Mode et Technologie une opportunité précieuse pour les étudiants étrangers. La Chaire nous apporte une fraîcheur, un regard neuf, de la part des professeurs et des élèves. La grande qualité du corps professoral mérite d’être soulignée. Les étudiants de ESCP Europe ont cette qualité de se poser des questions, plutôt que d’apporter des réponses avec trop d’empressement et de certitude. Je suis convaincu qu’en marketing, c’est le doute qui fait la force, et non les certitudes."

Valérie Moatti, co-directrice de la Chaire, partage le même enthousiasme : "nous sommes ravies de renouveler la Chaire Lectra ESCP Europe qui va nous permettre d’approfondir nos travaux en termes de recherche, enseignement et communication, particulièrement sur le sujet de l’industrie 4.0".

Par son travail d’enseignement et de recherche, la Chaire Mode et Technologie développe et transmet des connaissances sur les thématiques de l’innovation dans les secteurs de la mode et du luxe. "Inaugurée en 2014 par Lectra et ESCP Europe, la Chaire est renouvelée pour trois nouvelles années", a annoncé Céline Abecassis-Moedas, co-directrice de la Chaire. "Nous allons nous intéresser tout particulièrement à l’usage des technologies 4.0, aux nouveaux modes de consommation et au développement durable".

Céline Abeccasis-Moedas a retracé les nombreuses activités que la Chaire a mené depuis 2014. 16 mémoires de recherche, 6 conférences réunissant + de 3 000 participants inscrits, 31 publications académiques, 124 articles de presse, 3 éditions du cours Fashion & Technology permettant de former au total 150 étudiants...

 

 

 

 

Après avoir tenu un rôle moteur dans les deux premières révolutions industrielles, la mode a profondément fait évoluer ses modèles économiques, avec notamment l’arrivée du fast fashion.
"Avec la quatrième révolution industrielle, la mode dispose d’une opportunité de combiner de nouvelles technologies pour faire des chaînes d’approvisionnement un levier de compétitivité", a souligné Valérie Moatti.

"La mode peut d’ores et déjà s’emparer des technologies qui sous-tendent l’Industrie 4.0 car, bien que complexes à développer, elles sont abordables et faciles à utiliser. Les données qu’elles génèrent – la nouvelle mine d’or des entreprises – vont permettre aux acteurs de la mode d’être plus performants, de gérer une plus grande complexité des produits et de se rapprocher des consommateurs. Ils doivent cependant ne pas perdre de temps, sous peine de se retrouver distancés", a expliqué Moundir Rachidi.

La startup créée par Cindy Lebriez s’inscrit dans cette démarche : "Chez Bouton Noir, nous emboîtons au moyen d’algorithmes plusieurs technologies, des solutions de patronnage au body scan, pour construire une chaîne d’approvisionnement 4.0 capable de produire un jean sur mesure en une heure, en France. Réduire les coûts et temps de transport diminue les délais de mise sur le marché et l’impact écologique, tout en améliorant les marges".

De nouvelles options de relocalisation de la production s’offrent ainsi aux entreprises.
"Parce que l’Industrie 4.0 permet d’être plus efficient, plus rapide, moins cher – une logique industrielle dans laquelle Decathlon souhaite avancer davantage –, marques et fabricants pourront éventuellement rapatrier une partie de la production à proximité des lieux de consommation. Cela dépendra notamment des quantités produites et des compétences locales", a commenté Youssef Senhadji.

Si la chaîne d’approvisionnement de la mode se digitalise, une étape reste cependant en retard. Tous les fabricants de vêtements se heurtent en effet à l’impossible automatisation de la couture, les robots se révélant incapables d’assembler des matières textiles souples.

"Les spécificités de la mode la pousseront à adopter l’Industrie 4.0 à sa manière", a prédit Pascal Morand.
"La gestion de l’information dans la chaîne d’approvisionnement devra tenir compte du rôle central de la création, de l’imaginaire, mais aussi de contraintes plus matérielles comme les délais de production des textiles. J’anticipe l’apparition de modèles économiques plus différenciés qu’aujourd’hui, et très innovants. La conservation et l’évolution des savoir-faire de la filière mode sera vitale".

Dans ce contexte, les solutions technologiques constitueront un atout. "La technologie n’est pas une fin en soi, mais un réceptacle qui garde en mémoire les savoir-faire des métiers de la mode, qui capitalise sur l’expérience des femmes et des hommes", a déclaré Daniel Harari. "Une autre notion importante est celle d’écosystèmes : l’Industrie 4.0 va changer les règles du jeu en connectant tous les acteurs de la mode. Les entreprises vont pouvoir se repenser, de nouveaux entrants vont apparaître. Il y aura des gagnants et des perdants. Ne pas se repositionner, c’est être perdant d’emblée".

 

 

 

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